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ikos

  • pabloescalante6
  • il y a 4 jours
  • 6 min de lecture

Ancrer un projet novateur aux portes de Bordeaux


L’opération portée par l’association IKOS ambitionne la création d'un "village" du réemploi, lieu de tri, de récupération et de réutilisation d'objets divers au nord de la métropole bordelaise. Ce lieu à fort impact social et environnemental a pour objectif de réduire les déchets, de créer de nombreux emplois et de sensibiliser le public à ces nouvelles pratiques écologiques.

Le site bénéficie d'un emplacement et d'une situation privilégiés : situé sur une vaste friche industrielle de 2,5 hectares à Bordeaux-Lac, la proximité avec la métropole permet une inscription du projet à l'échelle de la ville. D'autant plus dans un contexte de mutation urbaine, où le village IKOS s'inscrit dans la perspective des futurs aménagements — quartier de la Jallère notamment — et préfigure des continuités paysagères et d'usages à l'échelle d'un quartier à venir : trames douces, trames vertes et bleues, réseaux de transports publics, équipements publics, réseaux de parcs et autres aménités — autant d’éléments qui font l'animation et la qualité du cadre de vie. En somme, le projet IKOS se pense comme un lieu fédérateur mais également comme un espace traversé et habité, constitutif d'une trame plus vaste et fonctionnelle. Aussi bien pour l’architecte que pour le paysagiste, ce projet s’est présenté comme l’opportunité de concevoir et de promouvoir un lieu novateur et emblématique.




Diversifier des espaces à vivre intégrés au territoire


Les bâtiments sont implantés sur la parcelle de façon à valoriser une façade attractive et qualitative en front de l'avenue des 3 Cardinaux. Ainsi, les espaces de stationnement sont relégués au cœur du site, limitant la présence des voitures et "accrochant" l'édifice aux allures de hangar, telle une façade active sur l'espace public. Ce langage n'est pas anodin, justement pensé par l'architecte pour faire écho au contexte urbain existant.


L'équipe a mûrement réfléchi l'implantation, permettant l'aménagement qualitatif des espaces extérieurs, pensés comme autant de "pièces" gravitant et composant avec le bâtiment principal.



  • En complémentarité de la galerie, un grand parvis piéton borde le bâtiment et s'offre comme un espace convivial, véritable point de centralité. Empruntant à la placette de village, il se veut accueillir les événements ponctuels qui feront vivre le site au fil des saisons. Le grand parking attenant est conçu par l'équipe comme une prolongation de ce parvis, dans la volonté de rompre avec l'image du "parking" classique. Un jeu de calepinage au sol matérialise une transition progressive d'un espace à l'autre et caractérise un espace partagé par le passage apaisé des voitures et la traversée prioritaire et sécurisée des piétons.

  • L'analyse du site et des documents réglementaires aura souligné la présence d'une zone humide. De plus, les contraintes particulières en termes de gestion des eaux nécessitent la création d'un bassin PPRI. Afin de l'intégrer dans nos aménagements, il se mue et prend la forme d'un jardin de pluie en toile de fond des terrasses, pensées comme une interface et un prolongement du bâtiment sur l'extérieur. Ce jardin de pluie se présente également comme une source de fraîcheur bienvenue. Le travail de la topographie, caractérisé par un jeu de risbermes successives, façonne le jardin de pluie et lui confère un aspect plus "naturel" et ensauvagé, tout en répondant aux contraintes de sécurité — notamment la hauteur de chute à proximité des espaces fréquentés par le public.

  • En surplomb du jardin de pluie est aménagé un petit "belvédère". Nous avons également souhaité valoriser un point de vue furtif sur le pont d'Aquitaine, ancrant le site dans son contexte et notamment au regard d'une mutation urbaine en cours et à venir. Articulation entre la terrasse et le parvis avec le reste de la parcelle, cet aménagement se présente à la fois comme un point d'appel et comme un seuil s'ouvrant sur la frange est, plus "naturelle", où la végétation existante est maintenue, voire agrémentée.

  • Ici, une sente paysagère traverse des bosquets et des espaces ouverts de prairie. Ce quatrième espace a été imaginé comme capable de se faire support de pédagogie, à l'appui d'un sentier d'interprétation axé sur la connaissance de la biodiversité et de la nature, et témoignant de l'histoire du site et de la dynamique de végétalisation propres aux friches industrielles. De beaux sujets d’arbres existants et en bon état phytosanitaire ont été conservés et s’accompagnent de nouvelles plantations.



La renaturation comme constante


Le site existant, laissé tel quel pendant un certain temps au profit d'une reconquête végétale foisonnante, révèle certains traits. À l'image des friches industrielles et autres "délaissés urbains", apparaissent un cortège floristique et faunistique significatif. En outre, la présence d'une zone humide est également soulignée par la présence végétale. Ces composantes sont réactivées dans la conception, où nous avons eu à cœur de nous appuyer sur les systèmes déjà en place. Si une partie des arbres — principalement des essences pionnières et qualifiées d'invasives — a dû être enlevée pour la bonne conduite du projet (et au regard de l'ensemble des contraintes techniques, fonctionnelles, réglementaires, sécuritaires), les motifs de plantations et les essences ont été dûment choisis pour favoriser la biodiversité, et nous intégrer dans un ensemble paysager cohérent tout en répondant à des enjeux de sobriété et de durabilité. Ce travail s'est appuyé à la fois sur les relevés et analyses environnementales et écologiques, mais également sur l'expertise de bureaux d'études spécialisés.

Un pilier essentiel du projet paysager a été d'asseoir la présence de la nature sur cet ancien site industriel. Outre le travail des séquences précédentes, cela passe aussi par des actions plus précises et signifiantes :



  • La végétalisation du parking se veut structurante, guidant avec force les perceptions et s'inscrivant en continuité avec les formations végétales avoisinantes et/ou conservées sur site. Les alignements d'arbres apportent de l'ombre tout en rythmant le regard. Les essences choisies privilégient des surfaces de canopée conséquentes, afin de maximiser l'apport d'ombrage et le rafraîchissement.

  • Les lisières privilégient le maintien des formations végétales existantes, notamment lorsqu'elles s'appuient sur le passage d'une craste ou d'un fossé. De plus, la plantation est toujours favorisée pour traiter le vis-à-vis avec les parcelles riveraines et veiller à la bonne intégration visuelle du projet.

  • Par ailleurs, l'équipe a veillé à préserver le mieux possible le fil de l'eau existant et à valoriser le système hydraulique en place : le passage des dits fossés et crastes constitue un potentiel paysager notable — associant également une végétation importante — en plus de maintenir une fonction de gestion de l'eau efficiente. La réouverture du fossé au sud de la parcelle s'accompagne d'une revégétalisation dense et multistrate adaptée, constituant par la même occasion une toile de fond végétale qualifiant le cadre de vie et créant comme un "cocon" autour du site. Tout le vocabulaire vernaculaire lié à l’eau est également constitutif de l'histoire du lieu et de ses jalles, ce qui se présente comme une valeur paysagère et culturelle qu'il serait dommageable de ne pas invoquer.



Conclusion

En somme, toute l'attention portée au paysage faisant cadre de vie autour des bâtiments nouvellement créés permet de qualifier un site résolument tourné vers l'intégration de la nature dans le projet urbain. La trame paysagère, loin d'être sporadique, est structurante et se superpose aux espaces fonctionnels et d'usages. Outre des enjeux esthétiques et d'intégration visuelle, la notion de bien-être puise également dans l'intérêt majeur des îlots de fraîcheur, proposant des espaces plus confortables et résilients face aux intempéries, notamment au prisme des changements climatiques. De même, le projet s'emploie à préserver, amplifier et valoriser la biodiversité en son sein, notamment par le choix de la palette végétale, étudiée afin de favoriser une biodiversité intégrée, en complément d'une végétation existante partiellement conservée, tout en demeurant adaptée au contexte local ainsi qu’aux changements climatiques.

Les aménagements extérieurs ont été pensés au regard des futurs aménagements, à l'appui des documents de programmation disponibles mais également en conscience d'un champ de possibilités évolutif — rapport aux temporalités de mutation urbaine plus vastes. Cette réversibilité accompagne volontiers un état d'esprit tourné vers la sobriété, la frugalité et la durabilité, qui sont autant de valeurs portées par l'association IKOS, et partagée par les membres de cette l’équipe.



Ainsi, ce référentiel apporte un regard prospectif au prisme des changements climatiques, tout en rendant compte et valorisant le patrimoine arboré existant. Une version papier est disponible pour les communes de Charente-Maritime. Une version web est également consultable sur le site du Département : Référentiel arbre et paysage.


AGC (promoteur)

A26 (mandataire), important bureau d’architecture depuis 2012, a la particularité de regrouper et lier de multiples compétences et disciplines, avec de nombreux collaborateurs en soutien.

ÎLÕ (sous-traitant), bureau d’études en paysage depuis 12ans, apporte son savoir-faire sur la conception paysagère de l’ensemble des espaces extérieurs et sur le vivant.

De nombreux autres partenaires sont impliqués dans cet ambitieux projet : BMA (AMO), Alto ingénierie (BE fluide et ingénierie), Terrel (BE structure), CERAG (BE hydrologie), SCOP (BE environnement) etc…

 
 
 

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